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Alexandre Benalla avait accès à l'hémicycle de l'Assemblée nationale

Les députés Les Républicains ont révélé samedi que ce collaborateur de l'Elysée, mis en cause pour avoir violenté un manifestant le 1er mai, bénéficiait depuis juillet 2017 d'un badge d'accès à l'hémicycle de l'Assemblée nationale.
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Alexandre Benalla disposait, depuis le 24 juillet 2017, d'un badge lui donnant accès à l'hémicycle de l'Assemblée nationale. Celui-ci a été désactivé vendredi par les services de l'Assemblée nationale.

L'information a été dévoilée samedi - à l'occasion de l'examen du projet de réforme de la Constitution, toujours bloqué en raison des révélations en série liées à cette affaire Benalla - par le député Les Républicains Marc Le Fur, lors d'un rappel au règlement :

Il s'agit d'accéder au périmètre sacré. C'est comme ça que l'on dit chez nous.Marc Le Fur

Jacob (LR) : "le poisson pourrit par la tête..."

Pour Marc Le Fur, l'attribution d'un tel badge prouve qu'Alexandre Benalla disposait de fonctions politiques : "Ceux qui disposent d'un tel badge font de la politique puisqu'ils accèdent à l'hémicycle, ils ne font pas de la sécurité..."

Le président de l'Assemblée nationale François de Rugy lui a répondu, affirmant qu'il ne fallait pas créer de "polémiques inutiles" : "Cela ne passe ni par mon visa, ni par celui des questeurs", a-t-il affirmé.

Une réponse insatisfaisante pour le président du groupe Les Républicains Christian Jacob, selon qui "le poisson pourrit par la tête...".

On apprend que ce barbouze qui ne figure pas au Journal officiel vient ici, avec un badge H, c'est-à-dire qu'il peut entrer dans l'hémicycle... Au nom de quoi ? De quelle fonction ? De la sécurité du président de la République ?Christian Jacob

"Quel rapport entre la sécurité du président de la République et être ici dans l'hémicycle ?", a demandé Christian Jacob, sollicitant une suspension de séance.

"Dissimulation"

Pendant la pause, qui a duré plus d'une heure alors qu'elle avait été prévue pour trente minutes, Marine Le Pen a pris la parole depuis la salle des quatre colonnes. La présidente du Rassemblement national a évoqué un "processus de dissimulation à tous les étages" :

Cette affaire Benalla devient une affaire Macron.Marine Le Pen

Plusieurs députés d'opposition confiaient par ailleurs ne pas comprendre pourquoi la majorité s'entêtait à vouloir continuer l'examen du projet de réforme de la Constitution dans de telles conditions.

Désactivé hier

A l'issue de la suspension de séance, la présidence de l'Assemblée nationale a diffusé un communiqué de presse. Selon ce dernier, "c'est à la demande du directeur de cabinet du président de la République qu'un badge a été attribué à M. Benalla en juillet 2017, en sa qualité de chargé de mission auprès du chef de cabinet du président de la République".

Selon le communiqué, le badge a été désactivé "hier" (vendredi).

"Une affaire individuelle" selon Belloubet

A la reprise des débats, la ministre de la Justice Nicole Belloubet a mis en cause l'opposition, l'accusant de "prendre en otage le texte constitutionnel" et appelant à "poursuivre le travail dès maintenant". Selon elle, l'affaire Benalla est "une affaire individuelle".

Une prise de parole saluée d'une standing ovation par la majorité, mais qui a provoqué la colère des bancs de l'opposition. Après une interruption de séance, le président du groupe LREM à l'Assemblée nationale Richard Ferrand a, lui aussi, mis en cause l'opposition, qui "prend en otage une affaire judiciaire".

De nouveaux amendements ?

Le député socialiste François Pupponi a rappelé pourquoi les débats étaient bloqués : l'opposition et la majorité ne se sont pas mis d'accord sur la liste des personnes que la commission des lois doit auditionner.

Une chose est sûre : le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb sera bien auditionné lundi à l'Assemblée nationale. Mais il existe un "désaccord majeur" entre les deux co-rapporteurs Guillaume Larrivé (LR) et Yaël Braun-Pivet (LREM) sur le reste des personnes à interroger.

François Pupponi a également demandé si le gouvernement souhaitait déposer de nouveaux amendements sur le projet de réforme de la Constitution : cela ouvrirait alors un droit pour les députés d'en faire de même. Plusieurs députés d'opposition espèrent ainsi déposer des amendements en relation avec l'affaire Benalla .

Constatant, à 18h50, que les débats étaient totalement bloqués, le président de l'Assemblée nationale François de Rugy a levé la séance, qui devait reprendre à 21h30.

Finalement, la séance a été immédiatement suspendue. Elle n'a repris que dimanche, à 9h30.


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