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CETA

CETA : l'opposition inquiète pour la filière bovine

La commission des affaires étrangères a adopté mardi le projet de loi autorisant la ratification de l'accord économique et commercial global conclu entre le Canada et l'Union européenne.
4 min
LCPLCP

Le CETA portera-t-il un coup fatal à la filière agricole française et plus spécifiquement à la filière bovine ? C'est la crainte exprimée par de nombreux députés d'opposition lors de l'examen mardi en commission des affaires étrangères du projet de loi autorisant la ratification de ce traité de libre-échange conclu entre l'Union européenne et le Canada.

Hausse des exportations

Le CETA, partiellement mis en oeuvre depuis septembre 2017, a "un effet positif pour la plupart de nos filières agricoles", a pourtant tenté de déminer en début de séance le rapporteur La République en marche du texte Jacques Maire. Devançant les critiques de l'opposition, le député a mis en avant le bénéfice économique de l'accord pour la France, dont le solde net concernant ses exportations vers le Canada est passé de 400 à 450 millions d'euros depuis la mise en oeuvre de l'accord.

En tout, alors que les Français consomment 1,5 million de tonne de viande bovine chaque année, le Canada n'en aurait exporté que 119 tonnes dans l'hexagone.

L'opposition unie contre le traité

Mais les arguments du rapporteur n'ont pas rassuré le député Les Républicains Pierre-Henri Dumont, qui a demandé la réouverture des discussions sur la viande bovine.

Le gouvernement ment en expliquant que cela n'aura pas d'impact sur la filière en France.Pierre-Henri Dumont

Même son de cloche du côté du député "UDI et indépendants" Pascal Brindeau et du communiste Jean-Paul Lecoq. Les agriculteurs canadiens "utilisent massivement les OGM, les antibiotiques, les farines animales", explique ce dernier, qui se demande "combien de temps tiendront les agriculteurs européens" face à la concurrence canadienne.

"Cela fait dix ou quinze chocs que subit la filière bovine en même temps", a également regretté Jean-Luc Mélenchon.

Une filière qui a "un problème d'ambition"

"La filière bovine est une filière vulnérable dont il faut s'occuper spécifiquement", a reconnu Jacques Maire. Le rapporteur du texte a assuré que le gouvernement allait devoir "remettre à l'ordre du jour, tous les trois mois, le suivi des marchés pour avoir une bonne évaluation de la filière".

Le but est de "comprendre, réagir, anticiper", a ajouté le député La République en marche. "N'hésitons pas à monter au créneau auprès du conseil de l'Union et auprès du ministère", a complété l'élu. Avant de préciser que l'on ne "peut pas faire dépendre l'intégralité des accords de commerce extérieur de notre pays d'une filière bovine à elle toute seule".

Selon lui, la filière a "un petit problème d'ambition et d'organisation" : "Elle a du mal à trouver sa dynamique à l'international."

Manifestation devant l'Assemblée nationale

Plus tôt dans la journée, plusieurs députés avaient apporté leur soutien à des organisations syndicales manifestant contre le CETA devant l'Assemblée nationale. L'occasion notamment pour le président du groupe Les Républicains Christian Jacob de critiquer le risque de "déstabilisation" de la filière.

Les députés auront l'occasion de débattre à nouveau de ce texte lors de l'examen en séance publique prévu le mercredi 17 juillet.