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Education nationale

Education nationale : Jean-Michel Blanquer présente sa réforme aux députés

Le "projet de loi pour une école de confiance" fixe notamment l'âge de l'instruction obligatoire à trois ans et réforme la formation initiale des professeurs.
4 min
LCPLCP

La commission des affaires culturelles et de l'éducation a auditionné mercredi Jean-Michel Blanquer.

Le ministre de l'Education nationale est venu défendre son "projet de loi pour une école de confiance", qui a notamment pour objet de rendre obligatoire l'instruction pour "tous les enfants de France dès l'âge de trois ans" dès la rentrée 2019.

Cette mesure, a expliqué le ministre, fait de la France "le pays qui positionne l'âge de l'instruction obligatoire le plus tôt dans la vie". Elle a pour but selon lui de toucher près de 20.000 nouveaux enfants par an, notamment dans le "rural profond" ou dans les "Outre-mer".

Aide financière pour les communes

Pour pallier les dépenses supplémentaires auxquelles devront faire face les communes en raison de la prise en charge de nouveaux enfants âgés de trois ans, l’État leur "attribuera [exceptionnellement] des ressources". Cependant cette enveloppe financière n'est prévue dans la loi que pour la rentrée 2019-2020 mais pas pour les suivantes.

Le texte, qui "ne remet pas en cause la liberté d'enseignement", précise toutefois "les objectifs du contrôle de l'instruction en famille" : en cas de refus répétés "deux fois de suite et sans motif légitime de soumission au contrôle", l'administration pourra "mettre en demeure" les parents d'inscrire leur enfant dans un établissement scolaire, qu'il soit public ou privé.

Le projet de loi a également pour but de faciliter la "mise en œuvre d'expérimentations" mais aussi l'évaluation des établissements scolaires, avec la création d'un "nouveau conseil d'évaluation de l'école". "L'évaluation doit être dédramatisée", a expliqué Jean-Michel Blanquer, qui regrette l'appréhension avec crispation de ce sujet en France.

Formation des professeurs

Jean-Michel Blanquer a également expliqué qu'il souhaitait que son ministère ait davantage d'"impact" sur le contenu des formations des professeurs : son texte transforme les écoles supérieures du professorat et de l'éducation (ESPE) en Instituts nationaux supérieurs du professorat et de l'éducation (INSPE).

L'audition a été l'occasion pour la députée communiste Elsa Faucillon de dénoncer une loi "déstructurant le cadre national" et marquant une "volonté de reprise en main forte de l'institution scolaire par le ministère et le ministre".

Sa collègue George Pau Langevin (Socialistes et apparentés) a pour sa part soutenu la proposition d'abaisser l'âge de l'instruction obligatoire à trois ans. Mais elle a affirmé que selon "certaines organisations syndicales" cette mesure "importe moins que la précarisation du corps enseignant, les réductions de postes [ou encore] la suppression des emplois aidés".