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Education

Éducation : une mission "flash" propose de mieux prendre en charge les enfants précoces

Les députées Marie-Pierre Rixain (LaREM) et Frédérique Meunier (LR) souhaitent mieux accompagner ces enfants dont le QI est supérieur à 130 et qui paradoxalement risquent de rencontrer de nombreuses difficultés dans leur scolarité.
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AFPAFP

Comment mieux encadrer les enfants "précoces" ? C'est à cette question que tentent de répondre mardi les députées Marie-Pierre Rixain (La République en Marche) et Frédérique Meunier (Les Républicains) en rendant les conclusions de leur mission "flash" sur "la prise en charge à l'école de la précocité et des troubles associés".

200.000 enfants concernés

Il y a aujourd'hui, selon les deux élues, 200.000 enfants âgés de 6 à 16 ans en France qui peuvent être qualifiés de précoces, c'est-à-dire qu'ils se distinguent par "la grande précocité de leur développement intellectuel, par référence au rythme moyen de développement de l'ensemble des enfants".

Sont définis comme précoces les enfants (...) dont le Q.I. est supérieur à 130. Ces enfants représentent 2,3% de leur groupe d'âge.Communication de la mission flash

Ces enfants, qui "développent une très grande sensibilité", peuvent, contrairement aux idées reçues, rencontrer des difficultés dans leur scolarité. "L'école a peut-être tendance à vouloir normaliser [ces] enfants", expliquent Marie-Pierre Rixain et Frédérique Meunier.

Les enfants précoces peuvent également s'ennuyer en classe, se montrer turbulents ou même "agacer leurs enseignants par leur évidente rapidité [ainsi que] par une tendance à les corriger". D'autres "masquent leur différence", ce qui dans certains cas peut "conduire à des troubles psychiques, voire à des dépressions".

Ces enfants, qui "n'apprennent pas à s'organiser et à fournir des efforts", peuvent rencontrer des difficultés d'apprentissage lorsque le niveau augmente, notamment au collège, au lycée ou à l'université. Autre problème auquel sont confrontés les élèves précoces : le harcèlement scolaire, qui peut même entraîner des "phobies scolaires".

Former les enseignants

Marie-Pierre Rixain et Frédérique Meunier proposent dans un premier temps que les enseignants et les directeurs d'établissements puissent recevoir une formation spécifique dans le cadre de leur formation initiale. Cette formation doit s'accompagner, affirment les députées, de "modules de formation continue" accessibles "à tous les enseignants et chefs d'établissements qui en formulent la demande".

Dans une même démarche, les équipes médicales (psychologues de l'Education nationale, infirmiers, médecins scolaires) doivent eux aussi, selon les élues, bénéficier de "modules de formation initiale et continue". Marie-Pierre Rixain et Frédérique Meunier prônent également la préservation des "effectifs et moyens qui sont attribués aux psychologues de l'Education nationale".

On compte en France un psychologue scolaire pour 2.000 enfants contre un pour 800 dans les pays de l'OCDE.Communication de la mission flash

Dossier

La mission flash préconise également la création d'un dossier de suivi des enfants précoces, sur le modèle des dossiers médicaux. Ce dossier les "accompagnerait tout au long de leur scolarité".

Autres propositions : l'unification des dispositifs mis en oeuvre sur le territoire et la mise en oeuvre dans chaque académie d'un "dispositif d'intégration des élèves intellectuellement précoces au sein du réseau des établissements publics" avec du tutorat et des ateliers de perfectionnement. Enfin, les députées souhaitent changer la terminologie : elles proposent de remplacer "précocité" par "haut potentiel".

Autant de préconisations qui pourraient faire l'objet d'amendements au projet de loi "pour une école de la confiance", même si l'on précise du côté de Marie-Pierre Rixain que "rien n'est acté pour le moment". Ce texte, qui sera présenté dès mercredi par le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer en commission des affaires culturelles, rend notamment l'instruction obligatoire dès l'âge de trois ans.