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Budget

Les réponses de Macron aux Gilets jaunes (après celles du gouvernement)

Smic, CSG, heures supp' défiscalisées... Après quatre week-ends de mobilisation des Gilets jaunes, le président de la République a dévoilé lundi soir une série de mesures en faveur du pouvoir d'achat. Des annonces qui s'ajoutent à celles déjà promises par le Premier ministre. L'équilibre général du budget, en cours d'examen au Parlement, pourrait en être largement modifié.
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Depuis le début de la crise des Gilets jaunes, l'exécutif n'a jamais réussi à totalement reprendre la main. Après un premier plan le 14 novembre, puis un discours du président de la République le 27 novembre, et encore de nouvelles mesures dévoilées le 4 décembre, Emmanuel Macron s'est à nouveau employé, lundi soir, à apaiser la colère de ce mouvement spontané, à la liste de revendications grandissante.

Des annonces présentées comme "importantes", qui s'ajoutent à celles déjà promises par Édouard Philippe. Leur coût, loin d'être neutre pour le budget 2019 dont l'examen continue vendredi à l'Assemblée, devra être compensé par des économies supplémentaires, l'endettement ou de nouveaux prélèvements.

Les annonces d'Emmanuel Macron

Le chef de l'Etat a surpris tout le monde, lundi soir, en annonçant des mesures sur le SMIC, la CSG et les heures supplémentaires (cliquez ici pour retrouver toutes ses annonces) :

Ces mesures s'ajoutent à celles, déjà nombreuses, annoncées par le gouvernement depuis le début de la crise des gilets jaunes.

Le (premier) plan du gouvernement

Avant le premier week-end de mobilisation des Gilets jaunes, Édouard Philippe avait déjà dévoilé un plan à 500 millions d'euros pour alléger leur facture énergétique.

Dans le détail, la prime à la conversion sera doublée dès le 1er janvier pour les 20% de ménages les plus modestes et les actifs non imposables qui roulent plus de 60km par jour. En cas de changement de véhicule, cette "surprime" atteindra 4.000 euros pour un véhicule diesel et 5.000 euros pour un véhicule électrique ou hybride, neuf ou d’occasion.

Le barème des indemnités kilométriques a été revalorisé de 5 à 10%, selon la puissance du véhicule des Français qui déduisent de leurs impôts leurs frais de déplacement. Dans le même esprit, les passagers qui bénéficient du covoiturage pour se rendre à leur travail pourront désormais se faire rembourser une partie des frais par leurs employeurs. Enfin, le chèque carburant versé sous conditions par certaines collectivités (20 euros par mois dans les Hauts-de-France) a été défiscalisé.

Dernière mesure dévoilée le 14 novembre, la montée en puissance des aides pour changer sa chaudière au fioul. Le coût total d'une nouvelle chaudière, par exemple au gaz, pourra être couvert l'année prochaine de 60 à 80% par le cumul des aides, a calculé Capital - contre 30% auparavant.

La "pause" de la taxe carbone

Devant l'ampleur de la mobilisation et les scènes de violences à Paris et dans le reste du pays, le gouvernement a tiré une deuxième cartouche le 4 décembre en suspendant la montée de la fiscalité carbone, en croissance jusqu'en 2022 dans le budget 2018.

Cette "pause", annoncée à l'origine pour une durée de six mois, est devenue finalement définitive sur décision de l'Élysée. L'Assemblée ne reviendra donc par sur l'amendement du Sénat dans le budget 2019, qui annule la hausse programmée de la composante carbone de la TICPE (taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques). En tout, c'est 3,9 milliards d'euros qui ne seront finalement pas prélevés à la pompe.

Deux autres mesures ont été ajoutées dans la balance par Édouard Philippe : la suspension du durcissement du contrôle technique automobile et le gel des tarifs du gaz et de l'électricité pendant l'hiver.