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Loi anti-casseurs : "On ne peut pas perdre de temps sur ce sujet", insiste Castaner devant les députés

Le ministre de l'Intérieur a défendu l'urgence d'adopter la proposition de loi sénatoriale, qui propose de ficher les casseurs et de leur interdire de manifester. "Cela ne concerne que 300 personnes au maximum", justifie-t-il. Il a aussi annoncé l'équipement en caméras-piétons des policiers qui utilisent le LBD dès le 26 janvier, à titre expérimental.
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Légiférer, et vite. Devant les députés, Christophe Castaner a réaffirmé mardi la volonté du gouvernement de "ne pas perdre de temps" sur la proposition de loi anti-casseurs, issue du Sénat. Alors que le texte fait grincer des dents jusqu'au sein de la majorité, le ministre de l'Intérieur met en avant des commerçants "à bout de nerfs" et des forces de l'ordre "dans l'attente d'un signe" après trois mois de mobilisation non-stop des Gilets jaunes.

Le ministre a mis en avant "une loi de protection et non de répression", qui ne concernerait que "150 à 200 personnes" en région parisienne, "300 personnes maximum sur tout le territoire". L'interdit administratif de manifester, pris sur décision du préfet, qui constitue le cœur du texte, est selon lui "indispensable" pour empêcher un casseur de revenir nuire chaque samedi, sans besoin d'attendre une éventuelle décision de justice.

Une "loi de communication" ?

Conscient des critiques que suscite cette mesure avant son examen mercredi en commission, Christophe Castaner a précisé qu'un recours devant le juge serait possible :

Quant au fichage des casseurs, celui-ci ne durerait "que le temps de l'interdiction de manifester", promet-il.

Plusieurs députés, comme le communiste Stéphane Peu, dénoncent une "loi de communication". "Le texte est mauvais, inutile et dangereux", assène même Charles de Courson (Libertés et Territoires), s'appuyant sur l'avis du Défenseur des droits.

Côté Les Républicains, on soutient sans surprise ce texte issu de la droite sénatoriale, à condition qu'il ne soit pas "dénaturé", prévient Éric Ciotti.

Changement de ton sur les violences policières

Le ton a en revanche évolué sur les violences policières. Alors que le ministre de l'Intérieur s'était montré jusqu'à présent peu disert à leur sujet, il se dit désormais "intraitable" si des "fautes ou des manquements" ont été commis.

Quatre-vingt-une plaintes ont été déposées par des personnes qui se disent victimes de projectiles tirés par LBD, ces lanceurs de balle de défense controversés. Autant d'enquêtes judiciaires ont été ouvertes, selon le ministre, qui promet d'être d'une "totale transparence".

"Un éclair de lucidité a touché certains membres de l'exécutif", a raillé Ugo Bernalicis (La France insoumise) face à ce "volte-face" du premier flic de France.

Autre gage d'apaisement du pouvoir, alors que le niveau de violence en région "ne baisse pas" samedi après samedi, Christophe Castaner a annoncé l'équipement des forces de l'ordre utilisant des LBD en caméras-piétons. Cette mesure "expérimentale", testée dès le 26 janvier, pourrait avoir selon lui des "vertus pédagogiques".

Sauf en cas d'urgence (par exemple, un policier agressé à terre), la caméra devra être allumée avant chaque tir :