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Gilets jaunes

Militaires de Sentinelle : Mélenchon appelle Macron à "ne pas précipiter le pays dans un règlement de compte"

Le député des Bouches-du-Rhône a demandé vendredi à l'exécutif de "changer d'avis" sur l'emploi des militaires de Sentinelle dans le dispositif de maintien de l'ordre prévu samedi dans le cadre de l'acte 19 des gilets jaunes.
2 min
LCPLCP

"Le gouvernement s'honorerait à changer d'avis" : vendredi, le président du groupe La France insoumise à l'Assemblée nationale Jean-Luc Mélenchon a interpellé l'exécutif à propos de l'emploi annoncé de militaires de la force Sentinelle dans le dispositif de maintien de l'ordre prévu samedi pour l'acte 19 des gilets jaunes.

"Situation exceptionnelle"

A 15 heures, en marge de l'examen en séance publique du projet de loi santé, le député des Bouches-du-Rhône a pris la parole afin de prévenir ses collègues qu'il avait "adressé une lettre au Premier ministre [Edouard Philippe]".

Le but : lui demander (...) de se présenter devant l'Assemblée nationale pour répondre de la situation exceptionnelle créée par la décision de confier à l'armée des tâches de maintien de l'ordre".

Pour justifier sa démarche, Jean-Luc Mélenchon s'est référé aux propos du gouverneur militaire de Paris, le général Bruno Le Ray, qui a affirmé sur FranceInfo que les militaires de Sentinelle mobilisés pourraient samedi "aller jusqu'à l'ouverture du feu (...) si leur vie est menacée ou celle des personnes qu'ils défendent".

Une hypothèse que redoute le député LFI : "Le pays tout entier est mis à la portée d'une seule provocation qui romprait le lien armée-nation et nous entraînerait dans une situation dont personne ici, sur aucun banc, ne veut."

"Conventions internationales"

Quelques minutes plus tard, le chef de file des députés La France insoumise a donné une courte conférence de presse, dans laquelle il a demandé aux militaires de ne pas tirer sur les manifestants "quand bien même ils en recevraient l'ordre".

"Les conventions internationales qu'a signées la France, les coutumes de la guerre telles que les pratique la France, excluent que l'on vienne à tirer sur une foule", a affirmé Jean-Luc Mélenchon.

Appelant les Français à "une mobilisation intense" ce samedi "aux côtés des gilets jaunes", le député a affirmé que "la violence ne peut ni ne doit jamais être une stratégie".

Jean-Luc Mélenchon a également interpellé le chef de l'Etat : "M. Macron, il faut savoir ne pas précipiter le pays tout entier dans un règlement de compte."

Le gouvernement tente de rassurer

Le gouvernement a tenté de rassurer quant à l'emploi des militaires ce samedi : le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a ainsi affirmé sur BFMTV qu'il "n'a jamais été question que les forces de Sentinelle interviennent dans le maintien de l'ordre" car "ce n'est pas leur rôle d'aller au contact des manifestants".

De son côté, la ministre des Armées Florence Parly a assuré dans Le Parisien qu'il "n'est dans l'idée de personne de mettre les militaires en face des manifestants".