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Pouvoir d'achat

Pouvoir d'achat : la proposition de loi LR renvoyée en commission

Les députés LaREM ont renvoyé en commission ce texte qu'ils jugent "injuste, démagogique et irresponsable".
3 min

L'Assemblée nationale a repoussé jeudi la proposition de loi des élus Les Républicains "visant à rétablir le pouvoir d’achat des Français".

Le texte proposait notamment de "réindexer les pensions de retraite et les allocations familiales sur l'inflation, avec un effet rétroactif" ou encore d'"annuler la hausse de la CSG pour l'ensemble des retraités".

Mais le contenu des articles n'a pas été examiné puisque l'Assemblée nationale a voté une motion de renvoi en commission déposée par les députés de La République en Marche.

Les débats écourtés

"Vous n'aimez les débats que lorsque vous les organisez vous-mêmes !", a déploré le rapporteur du texte, Eric Woerth (LR).

La semaine dernière, lors de l'examen du texte en commission des Finances, le député de l'Oise avait tenté, en vain, de faire promettre aux élus de la majorité de ne pas rejeter d'emblée la proposition de loi lors de son passage dans l'hémicycle.

La volonté de La République en Marche d'écourter le débat a également été mise en cause par d'autres députés d'opposition, comme Jean-Louis Bricout (Socialistes et apparentés), Patricia Lemoine (UDI, Agir et Indépendants), Sabine Rubin (LFI), Jean-Paul Dufrègne (PCF) ou encore Michel Castellani (Libertés et Territoires).

La majorité extrêmement critique

"Notre majorité n'a pas attendu votre proposition de loi pour renforcer le pouvoir d'achat !", a expliqué à la tribune Jean-René Cazeneuve (LaREM), qualifiant le texte d'"injuste, de démagogique et d'irresponsable".

"Cette proposition je l'ai baptisé PJL DORG, comme 'demain on rase gratis'", a abondé Dominique David (LaREM).

Lors de sa présentation du texte, Eric Woerth avait évalué l'ensemble des mesures "sur plusieurs années" à 25 milliards d'euros. Une somme dégagée notamment grâce à une baisse des dépenses publiques et une hausse du taux d'activité.

"La fragilité de cette proposition de loi vient aussi de la qualité et de la soutenabilité des économies que vous proposez", lui a répondu le secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Action et des Comptes publics, Olivier Dussopt.

A ce stade, nous en sommes à un débat propositions contre incantations.Olivier Dussopt

La gauche pas convaincue non plus

Le texte n'a pas non plus reçu un soutien franc et massif de la part des élus siégeant à gauche de l'hémicycle.

Ainsi, si Eric Coquerel (La France Insoumise) a bien salué la volonté de "redonner du pouvoir d'achat aux Français", l'élu s'est dit "ennuyé" par "la manière dont Les Républicains finance ses mesures", dénonçant des "coupes massives".

Même son de cloche de Jean-Louis Bricout (PS) ou d'Hubert Wulfranc (PCF), ce dernier accusant même Les Républicains de vouloir, en proposant de rétablir les plafonds du quotient familial, "redonner davantage de pouvoir d'achat aux catégories sociales les plus aisées".