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Du budget à l'Europe, quel bilan pour la députée Montchalin ?

Figure montante de la macronie, Amélie de Montchalin a été promue secrétaire d'État chargée des affaires européennes. Élue pour la première fois députée en 2017, cette spécialiste des questions budgétaires est récompensée autant pour ses compétences que sa loyauté totale envers l'exécutif.

Une experte reconnue sur le budget

"Pour les questions sur le budget, demandez Amélie de Montchalin !" Lors de la première rentrée de législature, les porte-paroles LaREM fraîchement désignés renvoyaient avec méthode les journalistes vers "la" spécialiste des mécanismes budgétaires. Diplômée de HEC et de Harvard, la députée de l'Essonne a débuté sa carrière dans les chiffres comme économiste junior chez Exane BNP Paribas puis comme directrice de la prospective pour Axa avant d'être élue à l'Assemblée nationale.

Pour le premier budget du quinquennat, elle est nommée responsable de la commission des finances pour La République en marche. Un poste stratégique, où la députée doit veiller à ce que chacun de ses collègues vote selon les consignes.

Transformation de l'ISF en IFI, instauration d'un prélèvement unique sur les revenus du capital ("flat tax"), hausse de la CSG et baisse progressive de la taxe d'habitation... La députée reprend à la lettre les orientations du gouvernement : "C'est un budget qui nous ressemble et nous rassemble", déclarait-elle en octobre 2017, certaine à l'époque que "80% des Français [allaient] voir les choses vraiment changer en termes de pouvoir d'achat".

Bilan législatif : le collectif et l'évaluation avant tout

Son rôle de coordinatrice tout comme sa volonté de ne jamais sortir de la ligne officielle se reflètent dans son travail législatif. Auteure ou cosignatrice d'environ 650 amendements, elle n'a jamais mis au vote un amendement allant contre l'avis de son groupe, préférant retirer ceux qui recueillaient un avis défavorable.

La technicienne a en revanche mené la bataille avec son collègue Jean-Noël Barrot (MoDem) pour doper les moyens d'évaluation et contrôle du pouvoir législatif. "Il y a un déficit criant de moyens, (...) on travaille avec énormément de flou !", expliquait-elle à ses collègues. À l'image des parlements américain et britannique, la députée souhaitait créer une "unité de chiffrages" indépendante, qui aurait pu contre-expertiser les mesures portées par l'exécutif et chiffrer les propositions d'origine parlementaire.

Elle a obtenu en partie gain de cause puisque le président de l'Assemblée nationale a annoncé en février le projet Leximpact, un logiciel qui doit permettre de simuler l'impact des amendements sur les lois de finances.

En septembre, Amélie de Montchalin a également tenté de s'imposer dans l'élection interne pour la succession de Richard Ferrand à la tête du groupe. Troisième à l'issue du premier tour derrière Roland Lescure et Gilles Le Gendre, elle apporte son soutien à ce dernier et lui permet de faire la différence. Un choix récompensé par un poste de vice-présidente du groupe majoritaire. "C'est ma numéro 2 sur tous les sujets, (...) une autre moi-même", louait Gilles Le Gendre en octobre.

Une bonne élève (aussi) corrigée par ses collègues

La "première de la classe" (L'Obs), parfois décrite comme "un peu maîtresse d'école" (Le Monde), s'est parfois fait reprendre par ses collègues. Par exemple, lorsqu'elle qualifie maladroitement de "lanceurs d'alerte" les députés qui votent contre l'avis du gouvernement sur certains sujets.

Puis, lors de l'examen de la loi de financement de la sécurité sociale, la jeune députée de 33 ans, critiquant l'opportunité de donner la parole à Emmanuelle Ménard (RN), se fait taper sur les doigts par le centriste Maurice Leroy, sept mandats au compteur :

"L'Europe, c'est la paix"

Pressentie pour être promue à Bercy, Amélie de Montchalin grimpe encore une marche en étant nommée dimanche au Quai d'Orsay comme secrétaire d'État aux affaires européennes, en remplacement de Nathalie Loiseau.

En avril 2018, lors de la "grande marche pour l'Europe" organisée par son parti, la députée s'étonne aux côtés de l'ancienne ministre du décalage entre son discours et celui des personnes qu'elle rencontre (voir vidéo en une) : "Pour moi, l'Europe c'est la paix. (...) Or, ce n'est pas quelque qui ressort. Notre vision n'est pas celle que mettent les Français en avant de manière spontanée."

À deux mois des élections européennes, la secrétaire d'État a désormais l'occasion de rôder son discours sur l'avenir des institutions bruxelloises et sur "l'Europe qui protège", thème largement mis en avant par le président de la République depuis un an.


>>> Que pensent les députés d'Amélie de Montchalin ?