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La majorité ouvre la porte à un retour des 90 km/h sur les routes départementales

Les députés ont repris, en le modifiant, un article introduit par le Sénat qui confie aux présidents de département la responsabilité de choisir la vitesse maximale autorisée sur les routes dont ils ont la charge. Abaissée à 80 km/h par le gouvernement l'été dernier, la limitation de vitesse pourra être relevée à 90 km/h.

Partis dès juin dernier en croisade contre le passage à 80 km/h, les députés Les Républicains avaient proposé au gouvernement de laisser le soin aux exécutifs locaux d'appliquer ou non une baisse de la limitation de vitesse sur les routes secondaires. En vain. Un an plus tard, la majorité se rallie finalement à cette idée.

Jeudi dans la nuit, les députés marcheurs ont voté un article introduit par les sénateurs dans le projet de loi d’orientation des mobilités. Celui-ci confère aux présidents de département le pouvoir de "fixer pour tout ou partie des routes départementales une vitesse maximale autorisée supérieure à celle prévue par le code de la route". La voie est donc ouverte pour un retour, au cas par cas, des 90 km/h. L'avis de la commission départementale de la sécurité routière, présidée par le préfet et composée de représentants d'usagers, devra donner son avis en amont.

En revanche, un amendement de Jean-Marc Zulesi (LaREM) supprime la possibilité pour les préfets de faire de même avec les routes nationales sans séparateur central, qui sont aussi concernées par le décret 80 km/h. Elles constituent une part minoritaire du réseau routier français (5 500 km, contre 300 000 km pour les départementales).

Voulue par Matignon, cette mesure était jugée l'année dernière comme l'une des plus impopulaires du quinquennat. Jeudi sur France Info, Edouard Philippe a reconnu qu'il fallait trouver "une solution permettant à la fois de concilier les impératifs de sécurité routière mais de l'appliquer avec plus de souplesse". C'est désormais chose faite.