twitter facebook chevron-right

La République en marche exclut Agnès Thill pour ses propos "blessants" sur la PMA

La commission des conflits du parti a décidé mercredi d'exclure la députée de l'Oise. Le groupe LaREM à l'Assemblée devrait s'aligner sur cette décision. Agnès Thill accuse son ancienne formation de sectarisme.

Après un premier avertissement en février, le parti présidentiel a tranché : Agnès Thill doit quitter les rangs de La République en marche en raison de ses "propos polémiques" sur l'ouverture de la PMA à toutes les femmes. La commission des conflits de la formation justifie cette décision dans un communiqué :

Ces propos sont préjudiciables à la cohésion du mouvement et nuisent à son image (...). La Commission relève également que la fréquence et le caractère pernicieux des propos de Madame Agnès Thill génèrent et nourrissent une agressivité qui portent atteinte à la sérénité du débat.Communiqué de presse, 26 juin 2019

Cette décision intervient alors que le gouvernement s'apprête à débattre du projet de loi bioéthique au Parlement en septembre, dont la PMA est un des volets. La majorité assure que chaque député pourra exercer sa liberté de vote sur le texte et ses multiples dispositions (filiation, accès aux origines, dons de gamètes...).

"Délit d'opinion"

La députée de l'Oise a immédiatement réagi en accusant son ex-parti de sanctionner un "délit d'opinion". Elle a aussi ironisé en citant les propos de Christophe Castaner, ancien délégué général de LaREM : "Quand LR avait exclu Darmanin et Le Maire, [il] avait dit 'un parti qui exclut est un parti sectaire'". Agnès Thill compte contester cette exclusion "inique et injuste" en justice.

L'élue de 55 ans, catholique revendiquée, avait évoqué ces derniers mois l'existence d'un "puissant lobby LGBT" au Palais Bourbon et déploré l'"absence de genre dans le mot parent" qui "favorise(rait) l'éclosion d'écoles coraniques". Des propos parfois flous, qui ont nourri plusieurs fois la controverse, comme lorsqu'elle a comparé dans Oise Hebdo la souffrance des femmes seules ayant recours à la PMA à celle de "droguées".

Plus récemment, une interview publiée le 5 juin dans le magazine L'Incorrect, fondé par des personnalités entre droite et extrême droite, a remis le feu aux poudres et lui a valu une nouvelle convocation mardi devant la Commission des conflits. Le groupe politique LaREM devrait s'aligner sur la décision du parti et l'exclure à son tour.

À LIRE. PMA pour toutes : des députés LaREM affichent leurs réserves