twitter facebook chevron-right

Marche des "foulards rouges" : les élus LaREM divisés sur l'attitude à adopter

Dimanche 27 janvier, le mouvement des "foulards rouges" organise une "marche républicaine des libertés" à Paris. L'événement pourrait rassembler plus de 10 000 personnes. Les membres de la majorité, sensibles à l'initiative, hésitent cependant sur la stratégie à adopter.

Marcher ou ne pas marcher, la question se pose plus que jamais dimanche pour les députés de la majorité. Au nom de la lutte contre les violences qui ont émaillé les manifestations des dernières semaines, l'association des "Foulards rouges" organise une "marche républicaine des libertés". Cette organisation, qui revendique plus de 1 700 adhérents, exige "l'arrêt des violences et de la haine, le respect de la liberté de la presse et le retour à l'état de droit".

Un mot d'ordre qui a de quoi réchauffer les cœurs dans les rangs de la majorité, après trois mois de mobilisation continue des Gilets jaunes. Mais les élus LaREM hésitent sur l'attitude à adopter : "Si c'est une manifestation pour la défense de nos valeurs, j'y serai. Si c'est une manifestation contre le mouvement des Gilets jaunes, je n'y serai pas", explique Laurent Saint-Martin, plutôt sceptique sur les intentions véritables des Foulard rouges.

Éviter le "camp contre camp"

Officiellement, la consigne est claire : Stanislas Guerini n'appelle pas les "marcheurs" à venir grossir les rangs du cortège.

En tant que délégué général de la première force politique de notre pays, mon rôle n’est pas d’apporter de la confusion. Appeler à manifester dimanche aurait pour conséquence d’encourager la logique du “camp contre camp”. Communiqué du 22 janvier 2019

Le délégué général d'En marche ! préfère jouer la carte de la prudence, même s'il dit "partager les valeurs portées par les organisateurs de ce mouvement". Un appel entendu par Matthieu Orphelin : "Je ne suis pas sûr que faire des marches les uns contre les autres soit la bonne solution", explique le député du Maine-et-Loire, qui préfère miser sur les deux mois de débat national comme solution pour sortir du conflit par le haut.

Débattre et manifester

A contrario, la députée de Paris Olivia Grégoire estime que l'un n'exclut pas l'autre, que l'on peut débattre, et aussi manifester. Elle viendra dimanche avec des amis "au plan personnel et citoyen, sans écharpe ni marquage". Même son de cloche du côté pour son collègue du Calvados, Christophe Blanchet : "J'y vais à titre personnel, pour soutenir la liberté de manifester et le respect de nos institutions et des forces de l'ordre", avance-t-il. Un bus partira avec une cinquantaine de personnes de sa circonscription pour venir appuyer ce message.

À chaque fois, les députés prennent bien la peine de préciser qu'ils s'y rendront en tant que "citoyens", leur mandat remisé dans la poche. Une ambiguïté qui atteint son comble avec Gilles Le Gendre, qui a déclaré sur France Inter : "Si j'y vais, je ne le dirai pas", tout en reconnaissant qu'il percevait l’initiative avec un "œil extrêmement favorable".

Sur l'événement Facebook, près de 10 000 participants sont déclarés et environ 26 000 personnes se disent intéressées. Si la manifestation fait un flop, la majorité pourra toujours dire qu'elle ne la parrainait pas...