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"Moins amender" : Gilles Le Gendre donne raison à Emmanuel Macron

Le chef de file des marcheurs à l'Assemblée nationale estime que le président de la République a eu raison d'inviter les députés à amender moins et à être plus sur le terrain. "Il faut désengorger tout ça", dit Gilles Le Gendre, qui veut donner la priorité aux amendements du groupe.

Un président devrait-il dire cela ? Lundi soir, Emmanuel Macron a appelé les députés LaREM et MoDem présents au ministère de Relations avec le Parlement pour une rencontre à huis clos à "libérer du temps d'amendement au profit du temps de terrain". La petite phrase n'est en tout cas pas passée inaperçue. Simple suggestion ou consigne au mépris de la séparation des pouvoirs : pour Gilles Le Gendre, la polémique n'a pas lieu d'être.

Sur la forme d'abord, interrogé sur le sujet lors de la journée parlementaire de La République en Marche, jeudi, le président du groupe LaREM à l'Assemblée a estimé que le chef de l'État et ses troupes avaient "le devoir de se parler cash" :

Quand on est avec le président, à huis clos comme lundi, la relation institutionnelle s'efface totalement devant le compagnonnage.Gilles Le Gendre, le 19 septembre 2019

Sur le fond ensuite, le président de la République "a [eu] raison", affirme Gilles Le Gendre. D'autant qu'Emmanuel Macron "n'a jamais dit qu'il ne fallait plus amender". "[Mais] il faut désengorger tout ça", souligne encore le député de Paris,

La meilleure façon d'éviter "l'embolie" du processus législatif reste, selon lui, de privilégier d'abord les propositions collectives, par des amendements de groupe. En septembre, il a d'ailleurs lancé la création de vingt-et-un groupes de travail internes sur différents sujets, comme l'immigration ou la bioéthique, afin de canaliser les propositions des 304 membres du groupe.

En juin, la majorité a aussi adopté une réforme du règlement de l'Assemblée nationale, qui limite les prises de parole sur les amendements identiques au sein d'un même groupe parlementaire. Au grand regret des oppositions et avec quelques réserves du Conseil constitutionnel, qui a néanmoins validé cette réforme.