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Participation : Bruno Le Maire freine le timide coup de pouce de la majorité

Pendant les débats sur la loi Pacte, la rapporteure LREM Coralie Dubost, soutenue par son groupe, a tenté de réécrire les règles de la participation en faveur des salaires inférieurs à 80 000 euros par an, au détriment des salariés les mieux payés. Mais le ministre de l'économie a préféré temporiser...

Le rééquilibrage social est-il en marche au sein de la majorité ? De plus en plus convaincus qu'il faut désormais "muscler" leur jambe gauche, des députés LREM ont saisi l'occasion du projet de loi croissance et transformation des entreprises ("loi Pacte") pour œuvrer en faveur des salariés.

La rapporteure Coralie Dubost (LREM) a proposé vendredi un amendement qui permettrait à quatre millions de salariés bénéficiant d'un mécanisme de participation au sein de leur entreprise de gagner environ "80 euros" de plus par an. "Dans un souci de redistribution", elle souhaite abaisser de 160 000 à 80 000 euros par an le plafond servant de calcul à la participation des salariés aisés.

"Nous savons qu'il y aura des perdants au-delà de ces 80 000 euros, mais nous pensons que ce sont des personnes qui sont déjà suffisamment gagnantes, là où nous avons beaucoup, et de plus en plus, de perdants dans la société", assume la députée de l'Hérault.

Une mesure qui coûte "zéro euro au budget et aux entreprises", ajoute-t-elle. Son collègue Stanislas Guérini porte une mesure semblable au nom de l'ensemble du groupe LREM, avec comme objectif plus modeste de ramener le plafond 160 000 à 120 000 euros, soit un gain d'environ 12 euros par an et par salarié sous ce seuil.

"371 euros, ça fait beaucoup..."

Toutefois, les députés n'ont pas réussi à convaincre Bruno Le Maire, peu enclin à s'attaquer à la participation des hauts salaires. "Cette mesure fait perdre très exactement 371 euros aux salariés qui sont concernés, ça fait beaucoup..., objecte le ministre qui assiste à tous les débats de son projet de loi. Politiquement, on fait beaucoup de perdants, (...) alors que de l'autre côté, le bénéfice me paraît insuffisant."

Prendre "beaucoup" à 150 000 salariés pour en redistribuer un peu à quatre autres millions, est-ce un si mauvais calcul ? Coralie Dubost rappelle que, "sur d'autres sujets, des petites sommes ont pu faire beaucoup de bruits". Une allusion à la polémique sur la baisse des APL, qui a fait beaucoup de mal au gouvernement depuis l'été 2017.

Les députés de la majorité et le ministre de l'Économie se sont donné rendez-vous pour "rediscuter" de cette mesure durant les débats dans l'hémicycle, dès le 25 septembre.