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Sans accord UE-Royaume-Uni sur le Brexit, Nathalie Loiseau craint "une période difficile" pour les marins-pêcheurs français

Selon la ministre chargée des Affaires européennes, le rejet par le Parlement britannique de l'accord entre l'Union et la Grande-Bretagne aurait des conséquences néfastes pour les marins-pêcheurs et pour l'emploi à Boulogne-sur-mer.

La ministre chargée des Affaires européennes Nathalie Loiseau s'est exprimée mercredi devant la commission spéciale "chargée d'examiner le projet de loi habilitant le gouvernement à prendre par ordonnance les mesures de préparation au retrait du Royaume-Uni de l'Union européenne".

Le gouvernement français souhaite en effet prendre par ordonnances différentes mesures en vue de la mise en oeuvre du Brexit, que celui-ci intervienne sur la base d'un accord avec l'Union européenne ou en l'absence d'un tel accord.

"Le recours aux ordonnances n'est pas la voie de prédilection des parlementaires", a reconnu la ministre, selon qui cette méthode est toutefois "indispensable" compte tenu de l'urgence et des incertitudes. Car si le Royaume-Uni doit quitter l'Union européenne le 29 mars 2019, le Parlement britannique doit encore se prononcer le 11 décembre prochain sur l'accord trouvé entre le Royaume-Uni et les 27 autres membres de l'Union européenne.

"Je me garderai de spéculer sur l'issue de ce vote", a affirmé Nathalie Loiseau, qui évoque une "ratification incertaine".

Rétablissement des contrôles

Plusieurs parlementaires, à l'instar de Vincent Bru (apparenté MoDem) ou André Chassaigne (PCF) ont exprimé leurs craintes quant à la capacité française de reconstituer des contrôles à la frontière franco-britannique.

Pierre-Henri Dumont (Les Républicains) a ainsi évoqué un "recrutement tardif de douaniers" ainsi que le besoin de "créer des infrastructures pour dédouaner les marchandises et faire les contrôles vétérinaires" :

Faire toutes ces créations en 18 mois nous semble grandement illusoire.Pierre-Henri Dumont

"Vous avez tort de vous inquiéter", a réagi Nathalie Loiseau, qui a nié tout sous-investissement français. La ministre a également démenti la "contre-vérité" selon laquelle "les Britanniques sont prêts davantage et plus vite que nous".

Inquiétude pour les marins-pêcheurs

La ministre a toutefois exprimé ses inquiétudes pour les marins-pêcheurs. En cas d'accord, a expliqué Nathalie Loiseau, "les droits des marins-pêcheurs européens à pêcher dans les eaux britanniques seront maintenus au moins jusqu'à la fin de la période de transition, c'est-à-dire le 31 décembre 2020". Dans un tel cas, l'Union européenne et la Grande-Bretagne devront conclure un accord sur la pêche "avant la fin du premier semestre 2020".

Mais si l'accord entre l'Union européenne et le Royaume-Uni est rejeté par le Parlement britannique, Nathalie Loiseau prédit "une période difficile" pour "nos pêcheurs (et) pour les pêcheurs qui viennent pêcher dans les eaux européennes". Le secteur de la transformation du poisson britannique "qui fait vivre des entreprises en particulier à Boulogne-sur-mer" sera également touché.

"Nous aurons comme levier, pour encourager la conclusion d'un accord de pêche rapidement, l'accès au marché unique pour les marchandises britanniques", a affirmé la ministre, qui affirme que les "institutions européennes" et notamment la commission, devront dans un tel cas "venir en soutien" des marins-pêcheurs.