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Sites nucléaires : les radars militaires ne "voient pas forcément les drones" en survol, reconnaît un général

Le général Philippe Adam, membre de l'état-major de l'armée de l'air, a expliqué jeudi devant les députés que les radars militaires n'étaient pas calibrés pour repérer des drones à basse altitude. Un aveu troublant alors que, selon Greenpeace, près de 40 engins de ce type ont survolé en 2014 des centrales nucléaires.

"On n'a pas de réponse immédiate techniquement..." Lors de son audition par la commission d'enquête parlementaire sur la sûreté et la sécurité des installations nucléaires, le général de brigade aérienne Philippe Adam a fait preuve d'une grande transparence quant à la difficulté, pour les forces de sécurité, à détecter les drones dans l'espace aérien.

Un problème qui, selon lui, a "pété à la figure" de l'état-major de l'armée lors des dernières années :

Depuis trois ans c'est pris très au sérieux à tous les niveaux. Philippe Adam

Car selon Greenpeace, au moins 40 survols de centrales nucléaires ont eu lieu depuis 2014, la plupart étant inexpliqués.

Auditionné en février par la même commission d'enquête, le responsable nucléaire de Greenpeace France Yannick Rousselet avait d'ailleurs affirmé avoir tenté de savoir qui était à l'origine de ces survols, en vain :

Devant les députés, le général Adam a reconnu que les "petits drones" sont "virtuellement indétectables" par les radars militaires présents sur le territoire français car ces derniers sont calibrés "pour chercher des avions".

"La détection reste un problème..."

Même si "les centrales nucléaires sont particulièrement surveillées" assure Philippe Adam, le dispositif mis en place n'est "pas encore parfait", reconnait le général de brigade aérienne. Pourquoi ? Parce que l'installation de "radars basse altitude" n'est pas totalement opérationnelle, explique-t-il, car les drones sont des "cibles de petite taille" et "se promènent très très bas".

Plus on est bas et moins le dispositif est parfait.Philippe Adam

"La détection reste un problème...", explique Philippe Adam. Avant de préciser qu'un "cadre réglementaire est en train de se mettre en place" et que l'armée travaille sur "des moyens techniques de détection et de neutralisation du drone ou de son pilote" dont "les premiers systèmes devraient être déployés dans l'armée de l'air" à la fin de l'année 2018.

Un manque de moyens

Selon Philippe Adam, "le réseau radar, en cours de renouvellement, a pas mal souffert ces derniers temps" et "il souffre encore".

Le général de brigade a également profité de son passage devant les députés pour mettre en cause le manque de moyens financiers qui a un impact direct sur la qualité de la couverture, et donc de la défense, du territoire :

Pour des raisons économiques, là où il en avait deux, aujourd'hui on ne met plus qu'un radar. Et quand il tombe en panne, ça fait souvent un trou...Philippe Adam