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Violences sexistes et sexuelles à l’Assemblée : le nouveau cri d’alarme d’un collectif de collaboratrices de députés

Une collaboratrice sur cinq interrogée par le collectif "Chair collaboratrice" dit avoir été victime d’une agression sexuelle à l’Assemblée nationale, selon une étude menée ce mois-ci auprès de 137 personnes.

Plus de deux ans après sa création suite à l’affaire Baupin, le collectif "Chair collaboratrice" revient à la charge. Ce groupe, qui vient en aide aux victimes de violences sexuelles et sexistes au Parlement, dans les ministères et les collectivités territoriales, vient de réaliser une étude pour tenter de quantifier ce fléau souvent impalpable, faute de dépôt de plainte.

Lors d’une audition, mercredi à l’Assemblée, deux collaboratrices de députés, Andréa Khoshkhou et Brune Seban, ont dévoilé les conclusions de leur étude réalisée auprès de 137 collaborateurs – "dont 67 % de femmes", sur les 2 000 existants.

Le constat est préoccupant : "Une femme sur deux a été victime de blagues sexistes ou sexuelles, relate Andrea Khoshkhou. Une sur trois a été victime d’injures sexistes, et une sur cinq a été victime d’une agression sexuelle".

"Chair collaboratrice" met en cause l’environnement de travail des collaborateurs qui réunirait tous les facteurs propices au harcèlement, comme l’embauche directe par le député, le travail de nuit ou les bureaux "qui font office de chambre".

Une cellule d'écoute indépendante à l'Assemblée ?

Le collectif réclame la mise en place d’une cellule d’écoute indépendante qui pourrait saisir le procureur dès l’accord de la plaignante. Une solution également préconisé, en janvier, par la déontologue de l’Assemblée Nationale qui, en janvier, jugeait "insuffisant" le dispositif de prévention et de lutte contre le harcèlement moral et sexuel.
La déontologue reçoit parfois des collaborateurs ou collaboratrices de députés qui affirment avoir été victimes de violences morales ou sexuelles à l'Assemblée. Une situation qui ne semble pas idéale à ses yeux, à lire son rapport d’activité 2018. "Lorsque les fonctions du déontologue de l’Assemblée nationale française sont présentées à ses homologues étrangers, écrit-elle, sa mission en matière de harcèlement est perçue au mieux comme une bizarrerie, au pire comme une anomalie. La thématique du harcèlement moral et sexuel ne relève pas en effet à proprement parler de la déontologie, ces situations, régies par le code du travail et le code pénal, appelant en premier lieu des réponses médico-psychologiques et juridiques. Il peut au demeurant être noté que le code de déontologie des députés ne contient aucune disposition spécifique relative au harcèlement ou plus généralement à l’exercice de leur fonction d’employeur".